Le Coupe Choux, tendre demeure
En une dizaine d’années de vie parisienne, il m’est souvent arrivé d’avoir la nostalgie des longues soirées au coin du feu, dans une bonne maisonnée aux épais murs de pierre… J’ai enfin trouvé l’adresse où je jurerai presque d’entendre les doux bouillonnements de la soupe de ma grand-mère !
Planquée dans un recoin du Vème arrondissement, la maison qui abrite depuis une quarantaine d’années le restaurant le « Coupe Choux » est un havre de paix où les pierres se sont accumulées de l’âge gallo-romain au dix-septième siècle, et miraculeusement restées intactes, grâce à la passion de son propriétaire Christian Azzopardi, par ailleurs homme de théâtre et directeur du théâtre du Palais Royal. Ici, comme si l’urbanisme s’était mis entre parenthèses, la cheminée continue de flamber et les multiples pièces abritent des tablées dignes des plus belles auberges de nos campagnes.
Ce lieu saisissant d’intimité est naturellement devenu le refuge de nombreux acteurs. Après un apéritif au salon, place au festin ! Mes coquilles Saint-Jacques servies dans une légère pâte feuilletée semblent fondre sur la langue. Les arômes tanniques et fruités d’un vieux Saint-émilion me donnent
envie de poursuivre avec un tendre foie de veau cuisiné au vinaigre balsamique. Mais je me laisse aussi tenter en goûtant l’un des délicieux médaillons de lotte dans l’assiette de ma voisine Bharattee, une jeune mauricienne qui découvre émerveillée la cuisine traditionnelle française. Et pour rester dans les saveurs profondes et les textures fondantes, le dessert qui nous est servi est une exquise glace gracieusement habillée d’une dentelle en pâtisserie… Un secret du chef, comme sait forcément en garder cette somptueuse demeure.
Nicolas DELACOUR
Le Coupe Choux. 11, rue de Lanneau (Vè). M° Cluny-Sorbonne. Tel.01.46.33.68.69. Menus : 25€ / carte : 35€











